Comment utiliser L’IA sans trahir son artiste intérieur
#PART 2 - Ma méthode Hérétique (peu conventionnelle) pour faire de l’iA une alliée créative
Début 2025, je commençais à peine à découvrir les réseaux littéraires booktok, booksta etc.
Pour la première fois depuis longtemps j’ai trouvé un endroit où je pouvais parler de ma passion pour les livres sans qu’on me regarde comme si je parlais une langue étrangère.
C’était grisant jusqu’à ce que je découvre la controverse qui pointait son nez. L’IA, nouvelle ennemie jurée du monde littéraire, véritable monstre, créée pour tuer la créativité.
En quelques scroll, j’étais de nouveau une étrangère, différente, sympathisante même du côté obscur de la force.
Cette fois je ne me soumettrai pas, j’ai choisi d’explorer la question avec un esprit ouvert.
Je vous propose de plonger dans ma manière, peu conventionnelle, d’utiliser l’IA au service de ma créativité. Sans jamais trahir mon artiste intérieur, ni mon public.
Peut-être que vous y trouverez vous aussi l’inspiration.
Au programme :
En lisant ce commentaire sur la partie 1, j’ai réalisé que j’avais encore tellement de choses à dire.
J’ai si souvent eu le même sentiment âcre. Ce doute, qui nous envahit après ce genre de réflexion.
C’est un poison pour notre artiste intérieur, il se remet en question et toute l’authenticité de nos idées en prend un coup.
Je ressens ça aussi quand je vais sur Substack et que je tombe sur des articles clairement écrits par l’IA qui font 356 likes. C’est frustrant, et c’est cette frustration qui m’a poussée à creuser cette question.
À ce moment-là de ma vie j’étais en train de ressusciter ma créativité, je me sentais seule dans mon combat et un peu perdue face à un nouveau monde que je ne connaissais pas.
Et si à l’époque je savais pas exactement comment faire je savais au fond de moi que je pouvais utiliser l’IA au service de mon art.
Il me fallait seulement être un peu créative…
Pour ceux qui ont pas lu la partie 1, vous y trouverez les fondations de ma réflexion.
Les tâches “non créatives”
La première chose la plus évidente que l’on peut faire avec l’IA pour servir notre créativité, c’est de l’utiliser pour faire toutes les tâches “mécaniques”, répétitives, celles qui nous demandent du temps et de l’attention.
Libérer de l’espace mental, et de l’énergie pour se concentrer sur ce qu’on aime. Ça a l’air magique sur le papier, mais le piège est sournois : les tâches “mécaniques” s’entremêlent souvent avec celles qui nourrissent l’inspiration.
Comment déléguer sans trahir son process créatif ?
Un peu comme Sabine F. Cissé | JGC Blog , je fais souvent des recherches, et ça peut me prendre des semaines, voire des mois. Comme elle j’aime le faire, je vois ça comme une sorte de quête ou de chasse au trésor. Tout ce que je découvre est une source d’émerveillement et d’inspiration.
D’un autre côté faire des recherches, ça peut vite se transformer en “rabbit hole” et être un moyen de me disperser complètement. Je suis jamais satisfaite, j’en veux toujours plus et ça devient une excuse pour repousser le moment où je crée.
Il me fallait trouver un équilibre, impossible de me retirer complètement ce plaisir et cette source d’inspiration mais je voulais mettre un cadre pour m’éviter de passer des heures à consulter toutes les sources pour finir avec le cerveau en compote et les idées si éparpillées que je ne savais plus moi-même où je voulais en venir.
Déléguer la fouille, garder l'émerveillement
J’utilise principalement 2 outils pour mes recherches : Perplexity et NotebookLM.
Les IA ont une forme de psychologie, comme le souligne Asimov en basant son livre sur le personnage d’une “robot psychologue”. On a pas encore inventé ce poste mais en discutant avec des “prompt engineer” je me suis vite aperçue qu’ils passent la plus grande partie de leurs journées à tenter de comprendre le raisonnement des IA.
J’ai appris à utiliser ces outils dans cette optique, l’avantage c’est que je savais exactement ce que je voulais et ce que je ne voulais pas : gagner du temps et du focus mais jamais entraver ma créativité.
Je commence toujours par créer un cadre de recherche en détaillant le contexte, et aussi étrange que ça puisse paraître c’est un exercice qui en lui-même entraîne ma créativité. Le raisonnement binaire d’une IA me pousse à clarifier ma pensée et à la décrire comme si je parlais à un enfant.
Quand on donne à Perplexity un cadre de recherche clair et fonctionnel, il épluche pour nous les profondeurs d’internet et nous donne une réponse avec un résumé des sources qu’il a trouvées. La qualité de ses réponses est impressionnante, et avec le petit résumé, on a pas besoin de tout consulter pour faire le tri. On voit tout de suite si notre cadre de recherche manque de clarté et il nous suffit de le mettre à jour.
Là où avant je perdais mon temps à brasser des pages et des pages de contenu inutile ou hors sujet, j’ai maintenant directement accès à des sources pertinentes que je peux éplucher en profondeur par moi-même.
Ça fonctionne aussi avec les livres, les vidéos, les images et tout type de contenu.
Bien souvent quand on fait une recherche ciblée, quel que soit le format des sources, ce qui nous intéresse est entouré de beaucoup de “bruit”.
Je fais des recherches pour créer mais aussi pour apprendre et le meilleur outil pour faire ça c’est NotebookLM (Gratuit). Je récupère les sources que j’ai validées sur Perplexity et je les intègre à NotebookLM. Après on a plein d’options, c’est un peu comme avoir une conversation avec ses sources. Pour ceux qui comme moi sont plus visuels ou vocaux, cet outil crée des podcasts, des présentations sous toutes ses formes, des mindmaps et même des vidéos.
Je brainstorme à l’infini, j’écoute un podcast personnalisé pendant que je fais mon sport et le bonus c’est que je m’amuse à lui donner un narratif qui rend l’exercice beaucoup plus fun.
Mes recherches deviennent des aventures fantastiques et non seulement je gagne du temps en évitant tout ce qui est hors sujet, mais en plus je renforce mon storytelling avec un narratif qui doit rester assez clair pour être efficace. Et je finis toujours par lui demander de me donner des petits challenges, des questions ou exercice sur le sujet ce qui allume presque ta chaque fois l’étincelle de l’inspiration.
Je mémorise plus facilement et les points de friction qui me faisaient douter ou procrastiner sont retirés pour laisser le champ libre à mon imagination et mon intuition.
J’ai pas trouvé de contenu en français pertinent mais j’ai trouvé cette vidéo assez simple qui donne des bases suffisantes pour vous permettre de créer vous aussi votre workflow personnalisé.
Vous pouvez activé la traduction directement dans Youtube.
L’assistant de création
L’une des choses que je trouve magiques dans l’écriture créative c’est les descriptions. Arriver à transcrire le monde imaginaire qui prend vie dans ma tête avec des mots, ça me donne l’impression d’inviter mon audience dans mes rêves.
C’est peut-être parce que j’aime tellement être invitée dans les rêves des autres que je trouve ça si fascinant, mais c’est peut-être aussi cette passion qui me rappelle à quel point c’est un exercice difficile.
Quand j’ai utilisé pour la première fois les générateurs d’images, ça m’a fait l’effet d’une bombe. J’en ai passé des journées entières à jouer avec ces outils juste pour le plaisir de voir une idée prendre forme, même si le résultat n’est jamais à la hauteur de mes attentes c’est quand même révolutionnaire pour quelqu’un qui ne sait même pas dessiner un arbre.
Ce qui ressemblait à un jeu est devenu, sans que je le voie venir, un exercice. Pour qu’une image se rapproche de ce que j’ai en tête, je dois la décrire avec précision : choisir mes mots, préciser une lumière, un cadre, une matière, une atmosphère, des couleurs, un style artistique. L’IA a son propre langage, différent de celui d’un lecteur humain, et c’est justement ce décalage qui me force à creuser ma description plus loin.
Je n’ai jamais obtenu de l’IA exactement l’image que j’avais en tête mais ce n’est pas le but.
À force d’essayer, j’ai appris à voir ce qui pouvait naître d’une description, à enrichir mon vocabulaire, ma culture et à prendre du recul sur mes propres mots. C’est finalement devenu un exercice d’écriture à part entière dans mes routines.
Quand je vois une fleur dans la campagne qui m’inspire, je m’entraîne à en faire une scène que j’écris en double, une fois spontanément et une fois spécialement pour générer une image.
J’ai dû enrichir mon vocabulaire floral, parce qu’en dehors des roses, des tournesols et des marguerites, je ne connaissais que très peu de noms.
Et puis étrangement, comme je sais que je vais être limitée dans la description que je dois faire à l’IA, mes descriptions spontanées sont devenues beaucoup plus poétiques.
Une fois que j’ai les 2 versions, je prends le meilleur des 2 pour en réécrire une nouvelle.
Je fais ça depuis quelques mois maintenant et je vois déjà le changement dans ma façon de décrire une scène ou un environnement, elles sont plus conscientes, plus riches sans être plus complexes et je dois l’avouer elles sont aussi parfois bien plus compréhensibles.
Quand on s’amuse, on s’aligne
Cette semaine j’ai appris que Barnes & Noble, LA chaîne de librairies US, a finalement accepté de vendre des livres écrits par l’IA, et bien évidemment je suis scandalisée.
Il y a beaucoup de choses qui sont problématiques avec l’IA, je suis peut-être naïve mais je crois en l’humanité. On est en train d’apprendre à vivre dans cette nouvelle ère, et oui, le monde capitaliste qui était déjà là depuis longtemps prend une dimension différente.
C’est à chacun de nous que revient la responsabilité de ce que nous faisons avec cet outil, parce que tout comme l’imprimerie à la Renaissance, elle est en train de changer le monde.
L’IA est dangereuse si on commence à la prendre trop au sérieux, la clé pour moi ça a été de voir ça comme un jeu, de chercher avant tout à m’amuser. Après tout elle ne peut prendre que la responsabilité qu’on choisit de lui donner.
C’est cette approche ludique qui m’a permis de ne jamais oublier de préserver ma créativité, dès que je sens que je ne m’amuse plus je sais que c’est parce que je ne suis plus alignée.
Il y a des tonnes de façons d’utiliser tous ces nouveaux outils à sa façon, de personnaliser son utilisation pour qu’elle nous corresponde et respecte nos limites, avec un peu d’imagination je crois bien que tout est possible.
XOXO,
Myriam
PS : S’il y en a parmi vous qui ont aussi des process un peu bizarre, je serais ravis de les découvrir.





Merci beaucoup pour cet article, Myriam! Je pense que je ne connaissais que 10% des capacités de notebook LLM, et Perplexity est une aide précieuse. Tu donnes de très bons conseils et tu as réussi le brio de déculpabiliser l’intention même de l’assistante, via l’IA. Crois-moi, que ça ait cet effet sur moi, professionnelle de la culpabilité inutile, c’est un miracle ☺️🙏🏽
Dans ma vie professionnelle, on m'a appris à utiliser tous les outils disponibles et si possible les plus performants.
L'IA est un outil. Et un bel outil.
Cela n'enlève rien à la créativité.
L'IA il faut la nourrir, lui donner de la matière, des idées, des thèmes.
Lui donner le ton, la voix, les personnages....
C'est tout l'art du prompt.
Il y aura toujours l'humain et sa créativité derrière tout ça.
En tout cas, cela m'amuse de collaborer avec l'IA pour travailler mes textes.
Et parfois elle me bluffe totalement.
Et d'autres fois je peste tellement elle peut être navrante.